Si j'roule pas, j'coupe le moteur

Entre mai 2005 et décembre 2006, quelque 3000 employés de la Ville de Montréal ont pu prendre conscience de l’enjeu des changements climatiques, de la place qu’occupent les transports comme sources d’émissions de gaz à effet de serre et de l’urgence d’adopter des attitudes responsables au volant. «Si j’roule pas,j’coupe le moteur!» mise sur la capacité des employés chauffeurs à intégrer des valeurs plus qu’à se conformer à des directives et sur leur compétence à se transmettre le message entre eux plutôt que de faire appel à des experts.

Intégration de valeurs – Une session dure trois heures. En groupe de 12 à 15 personnes, on traite de la mécanique automobile en regard des changements climatiques et on propose un engagement personnel et collectif. En optant pour une dynamique de groupe, l’accent est mis sur ce que les employés observent, entendent, constatent, échangent.

Éducation par les pairs – Les sessions sont animées par un tandem de «multiplicateurs» formé d’un travailleur syndiqué et d’un cadre, des non spécialistes qui ont reçu la même formation préalable de base.

Rayonnement – Quelque 25 des 29 arrondissements de la Ville ont participé au projet ainsi que les principaux services utilisateurs de véhicules. En 2006, les 201 sessions, animées par 63 tandems différents, ont rejoint 2 670 employés, à 85 % des cols bleus. C’est plus de 10 000 heures de temps de travail investies en éducation environnementale.

Évaluation et suivi – À la question : Les multiplicateurs considèrent-ils que la réception du message a été…excellente / très bonne / bonne / médiocre, les réponses ont été « excellente » ou « très bonne » dans une proportion de 92 %. Plus objectivement, la baisse de fréquence et d’intensité du ralenti inutile n’est pas aussi fulgurante qu’on l’aurait souhaité. L’écart entre l’enthousiasme verbal et les changements de comportement en profondeur milite en faveur de relances systématiques de ce type d’initiative.