De l'urgence d'un contrôle démocratique sur les industries extractives canadiennes

L'analyse de rapports de l'ONU, de grandes ONG, de commission parlementaires, ou encore d'écrits d'africanistes font état de méfaits ou de crimes qu'auraient commis, en Afrique, des sociétés canadiennes en matière d'environnement, de violations de droits humains, et de criminalité financière.

Ces considérations mettent à mal la réputation d'acteur responsable dans ces domaines dont jouit le Canada à l'intérieur comme à l'extérieur de ses frontières.

Le secteur des industries extractives, qui trouvent avantage à s'installer sur le sol canadien, est particulièrement visé. Elles profitent au Canada du climat d'affaire permissif de la bourse de Toronto, aujourd'hui capitale mondiale de l'industrie minière. Elles bénéficient également d'un soutien diplomatique et financier de la part des autorités politiques canadiennes, et de celui de ses agences comme l'ACDI ou encore des institutions internationales.

La présence d'un nombre grandissant de sociétés de ce secteur sur le continent africain pose le problème de la mainmise des populations concernées sur leurs ressources nationales, leur environnement, leur santé et leur développement social.

Un double défi d'éducation se pose ici, relatif à un enjeu primordial de souveraineté. Celui d'une prise de conscience nationale, tant au Canada que dans les pays exposés, des conséquences environnementales, sanitaires et sociales des grands projets initiés par les transnationales minières en Afrique et au sud en général, ainsi qu'une compréhension des systèmes économiques à l'oeuvre qui permettent avant tout l'enrichissement de sociétés privées canadiennes. Un effort qui se justifiera d'autant plus au Canada que les citoyens canadiens se trouvent à financer, souvent à leur insu, les investissements des sociétés privées à travers leur fonds de pensions, leur RÉER ou le prélèvement des taxes.